L'INDE


PUTTAPARTHI

Un jour

Il est 5 heures, le jour se lève. Je me réveille, un homme crie dans la rue, une moto démarre. Je suis dans un petit hôtel propret au fond d’une rue, non loin de l’ashram de Puttaparthi. Hier soir, la chaleur (38° à l’ombre) et la fatigue m’avait anéanti : à 9 heures, je dormais. Je somnole un moment, puis je vais respirer l’air frais sur le balcon.

7 h 30. Je pars pour l’ashram. La rue s’anime : c’est le grand nettoyage. Les boutiquiers font peau neuve, un camion  croule sous des tonnes d’immondices accumulées la veille dans la rue. Les tuk-tuks sont  déjà à l’affut du client. On me reconnaît : « Sai ram » et je joins les mains. C’est la façon de dire bonjour, ici.

Je passe sous l’immense entrée de l’ashram aux couleurs pastel, bleu, jaune, rose (représentant respectivement l’esprit, l’intellect, le cœur), côté « gents ». « Sai ram, Sai ram ». Je  remonte la grande avenue piétonne. Des centaines de femmes, enveloppées de saris multicolores, en soierie des jours de fête, toutes différentes, attendent ; femmes âgées, ridées, parées de soie aux fils d’or. Les hommes circulent librement vêtus de blanc, chemise et pantalon, de confection d’inspiration  indubitablement occidentale. Contraste saisissant. Je longe les cantines indiennes et rejoins la « western » cantine.

J’entre dans l’immense salle pour les hommes. Plus loin, une autre entrée est réservée aux  femmes. A l’entrée, un employé m’accueille en joignant les mains. Café et pan cake confiture et je rejoins une caisse (un simple ordinateur).  L’employé enregistre ma commande (50 centimes) , imprime mon ticket. Un autre contrôle mon ticket. C’est la règle dans tous les commerces.

Des hauts parleurs diffusent des chants. Une mélodie méditative : des chants religieux (Védam). Il est 9 h, la température monte. Déjà 34°. Je descends la grande avenue vers le Mandir (Kulwant Hall) ou temple hindou : un immense hall  de plusieurs hectares pouvant réunir plus de 20 000 personnes, couvert. Je longe le Mandir et vais retirer mes chaussures. Je reviens sur mes pas, pieds nus, sur un sol de dalles un peu rugueuses. Cinq employés m’accueillent à l’entrée : « Sai ram, Sai ram », portique de sécurité, fouille au corps.

La salle est divisée en deux parties : les hommes du côté gauche, les femmes à droite. Au fond, sur élevé, le tombeau de Sai Baba, couvert de fleurs fraîches, devant sa photo grandeur nature, vêtu d’une robe rouge. A sa droite, un lion sculpté, en or, et un grand fauteuil. Les mélodies s’enchainent.

Comme chaque jour, il s’adosse à un pilier, les jambes croisées. Il a bien 60 ans, grisonnant mais ses jambes maigres ne le portent plus beaucoup. Mais il chante, il chante. On ne l’entend pas : les chanteurs et musiciens couvrent sa voix dans les hauts parleurs. Il chante avec une énergie communicative, se balançant à droite, à gauche, en avant, en arrière. Il connait toutes les paroles de tous les chants par cœur.

Plus loin, un autre homme chante aussi. Il suit les paroles sur un petit livre.

Devant le grand chœur de Sai Baba, assis sur le sol, jambes croisées, des chanteurs et musiciens. Un harmonium petit format donne la note, les tambours s’emballent dans un rythme puissant, un chanteur donne de la voix : un texte court, repris par les autres chanteurs et la foule présente.

Regardez des chanteurs russes à Puttaparthi 

le 8 mars 2025







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